Exposition Masques de Théâtre et Aquarelles, Jean Pierre LAURENT

MasquesOUEST - FRANCE

Les œuvres de Jean-Pierre Laurent démasquées

Calvados - 18 Février 2014

Jocaste

Jocaste, en masque et en aquarelle, pour la mise en scène d'« Œdipe Roi », réalisés en 1979.|

Annie Pican a réuni les œuvres plastiques de Jean-Pierre Laurent, ancien directeur du théâtre de la Tripe, plus de 20 ans après sa mort. Un travail souvent en lien avec les masques, exposé à l'université de Caen.

Entretien

Vous avez succédé à Jean-Pierre Laurent à la direction de sa compagnie, quelle sorte d'homme était-ce ?

Il m'a confié la direction de sa compagnie un peu avant sa mort, en 1990, mais cela faisait des années que j'y étais comédienne. C'était quelqu'un d'assez exceptionnel dans le monde du théâtre car il était professeur de philosophie à l'origine, donc un être de pensée, capable de penser le monde tout en mettant ses mains dans la glaise, la terre, pour ses masques et ses dessins. Une pensée avec des gros doigts et un pinceau.

Ses mises en scènes incluaient-elles toujours ce travail du masque ?

C'est un travail qui a traversé les différents axes de son œuvre, comme la comédie et la tragédie de l'Antiquité grecque, la commedia dell'arte, mais aussi le théâtre surréaliste. Pour lui, la scène n'est pas le lieu du réalisme, et même si quelques mises en scène l'ont exclu, il disait que « dans un masque rayonne un poids de souffrance, de lumière et d'obscurité ». Pour lui, le masque cache les expressions, ce qui oblige l'acteur à se concentrer sur ce point aveugle, pour exprimer autrement. Paradoxe intéressant mais complexe pour un comédien.

Pouvez-vous nous décrire cette exposition ?

L'idée de l'exposition est de rassembler bien sûr ses masques, ses aquarelles mais aussi les textes qu'il a écrits à propos de ses créations. C'est une grande exposition conçue par Hervé Mazelin, scénographe de Jean-Pierre Laurent, qui a imaginé une mise en espace dans deux lieux de l'université, la Maison de l'étudiant (MDE) et le Carré international, extension très proche qui permet de donner du relief à l'exposition. Un livre contenant les pièces exposées est également édité pour l'occasion, grâce au concours du Centre régional des Lettres. J'en ferai une signature le mercredi 19 février, à la librairie du Brouillon de culture, à 18 h 30.

Le théâtre de la Tripe est devenu le théâtre de la Rampe en 1990, quel a été son parcours depuis ?

Nous avons fait une dizaine de créations, de Comédie... Catastrophe, de Samuel Beckett, à Babylone, de René Crevel, ou On ne badine pas avec l'amour, d'Alfred de Musset. À noter aussi, un travail de longue haleine autour d'une trilogie intitulée « Du commerce amoureux au négoce du désir », dans les années 2000. En ce moment, je cherche à monter La femme aux bulots, un texte que j'ai écrit qui est une sorte d'autofiction dans les marais de Carentan, avec une apparition improbable de... Caroline de Monaco. J'en fais une lecture le mardi 25
février, au théâtre du Signe.

 Du 18 février au 25 avril, au Carré international et à la Maison de l'étudiant, avenue de Lausanne, à Caen. Entrée libre du lundi au samedi de 14 h à 18 h.

Carré International . Université . Campus1 CAEN